| | | [I] Prélude aux Sept Secrets de Baphomet | |
| | Auteur | Message |
|---|
Aranis Membre du conseil


Nombre de messages: 625 Localisation: Loge du feu Sacré Date d'inscription: 13/06/2007
 | Sujet: [I] Prélude aux Sept Secrets de Baphomet Mar 28 Aoû - 16:23 | |
| Les Sept Secrets de Baphomet
Ce que je vais maintenant vous donner est tiré du Livret du "Tarot du Monde des Ténèbres" écrit par AKRON.
I - Le Dieu Cornu
Baphomet est l'idole à tête d'âne, objet de culte des Templiers, le bouc du sabbat au temps de la sorcellerie moyenâgeuse et dont on ignore l'origine. Des représentations anciennes le montrent juché sur un trône ou sur un trépied, au milieu de femmes en extase. Theodor Reuss, qui fut vers 1900 un innovateur concernant la création des loges, fondateur et Grand Maître de l'O.T.O (Ordo Templi Orientis) et qui initia également Rudolf Steiner à la franc-maçonnerie, Theodor Reuss donc, fit de Baphomet un mythe androgyne, issu de la matière de tous les éléments et formant ainsi leur quintessence. Voilà donc "L'incarnation et l'image du Créateur, venu par le souffle de la voûte céleste". Helenas P. Blavatsky prêta aussi à Baphomet une essence transcendante et spirituelle. Elle vit en lui un champ de forces psychiques, un outil cabalistique détenteur d'un grand pouvoir au sens de ce qu'elle appelle la "Magie Spirituelle". De nombreux cercles pratiquant la magie ou des groupes voués à la sorcellerie célèbrent aujourd'hui en Baphomet le symbole originel des extases obsessionnelles et de l'instinct viril. Les libelles ecclésiastiques qui traitent de l'occultisme au Moyen-Âge incluent Baphomet dans leur distortion habituelles de la symbolique païenne. on y affirme que l'occultisme serait le bacille du Diable, lequel infecterait les humains en leur envoyant des visions de Mystère et de pouvoir et les attirerait ainsi vers l'emprise du Mal. En effet sous couvert de silence et d'obscurité, on pratiquerait tout un tas de rites secrets, de messes noires, de séances d'exorcisme, voire de sacrifices humains. Le comportement des prêtres de Satan et de bien fanatiques de la sorcellerie d'aujourd'hui est tout aussi ridicule et excessif que celui des chasseurs de sorcières, qu'ils soient modernes ou moyenâgeux. Ils élèvent Baphomet au rang du Dieu Originel. Voilà un non-sens total car Baphomet est aussi peu l'ennemi de Dieu que Dieu lui-même. Sur un plan purement historique, il apparaît depuis le Moyen-Age comme une sorte de synthèse de nombreuses divinités à cornes telles qu'elles se présentent dans le bien des cultures et mythes païens.
Les Egyptiens à eux seuls connaissaient déjà cinq divinités cornues: Harsaphes et Chnum à tête de bélier, la vache Hathor, épouse d'Horus, Anukis aux cornes de gazelle et Amun ou Ammon, le roi des Dieux, descendant des pharaons et portant des cornes de bélier. Les celtes avaient leur dieu cornu, Cernnunos; les Islandais leur heimdall qui dissimulait une corne puissante à l'ombre du frêne Yggdrasill. Même Faust moyenâgeux rencontra un cerf en vol "doté de grandes cornes et de fourches et qui voulut précipiter le Docteur Faust dans l'abïme, ce qui l'effraya fort."(1) Les différents apparences de boucs et les compagnons grossièrement jouisseurs de l'orgiaque Dionysos. ils faisaient ribote en parcourant les forêts et les campagnes et, dans leur ivresse, jouaient bien des tours aux humains. Il y avait aussi Amalthéa à qui la mythologie grecque donna un corps de chèvre et qui allaita Zeus dans une grotte. Elle fut également considérée comme la mère de Pan qu'elle éleva en même temps que Zeus. Pan lui-même, le dieu caprin à cornes et sabots, avide de plaisirs et de jouissances, est souvent associé à Banebdjet, le bouc égyptien de Mendès.
A partir du moment où le christianisme, à l'aube du Moyen-Age, conquit en Europe le pouvoir spirituel, la bête à cornes, divinité de la nature dont les multiples apparences et les nombreuses appellations s'étaient taillé une bonne place dans la mythologie des peuples, se vit peu à peu conférer un caractère tout à fait différent? Elle fut "diabolisée" au sens strict du terme car le Moyen-Age octroya au Diable, à l'origine représenté par un serpent, des cornes et des pieds de bouc. Ceci marqua la disparition totale, pendant des siècles, de cette divinité cornue issue de la nature, ludique et insouciante, évoquant à la fois l'exotisme et l'archaïsme et dont l'incommensurable puissance virile peuplait toute la terre. Sa renaissance dans la croyance des Templiers, en plein cour du Moyen-Age, resta une exception qui se termina dans les salles de tortures de l'Inquisition. Depuis lors, telle une ombre obscure venue d'un passé ténébreux, le Cornu suit sagement son seigneur et maître chrétien: il n'est en effet que l'autre versant de la Lumière, qu'il doit garder caché dans l'ombre, tout en vivant cependant d'autan plus pleinement qu'il est de retour même des choses refoulées. Baphomet le Cornu est le dieu à tête de janus qui unit la vision qu'il a de l'intérieur avec le regard qu'il porte vers l'extérieur un double regard: Je suis le Diable, celui qui maîtrisé les polarités en regardant Dieu dans les yeux et en y découvrant la vérité. Je suis issu d'un monde qui a sombré il y a plus de mille ans et j'ai rédigé cet écrit pour le premier qui lira ces phrases. Car je suis le dernier d'une culture qui se détruit elle-même, et je suis celui qui à laissé un message au premier d'une autre culture qui est en train de naître. (2)
(1) "Texte moyenâgeux", cités d'aprés le Dictionnaire des superstitions allemandes (Nouvelle édition) Berlin, 1986, tome 4, p.236
(2)Baphomet: La lumière de l'Enfer (Ecrit apocryphe non publié)[center]
Dernière édition par le Mer 29 Aoû - 17:30, édité 5 fois |
|  | | Aranis Membre du conseil


Nombre de messages: 625 Localisation: Loge du feu Sacré Date d'inscription: 13/06/2007
 | Sujet: Re: [I] Prélude aux Sept Secrets de Baphomet Mar 28 Aoû - 16:58 | |
| II - Le Dieu magique
Baphomet est un champ de forces psychiques, une source d'énergie profonde et secrète qui est lié aux Ténèbres et à l'Insondable. Cette vibration d'énergie vers les profondeurs de l'inconscient a l'effet d'une espèce de glu psychique qui nous attache à la conscience, nous projetons vers le monde extérieur. Nous succombons ensuite à ses fantasmes, pris comme nous le sommes dans le tourbillon des évènements extérieurs. Sur le plan psychologique, il s'agit là d'un état irrationel. C'est la sensation, le sentiment de pouvoir se livrer enfin à l'in-connu, au no,-connu, au non-vu, au non-dit lovés à l'intérieur de nous-mêmes. mais cette expérience, dont la dimension est aussi mystérieuse qu'impossible à classifier, n'est pas synonyme du Mal! Ce n'est pas un hasard si un flambeau est souvent allumé entre les cornes de Baphomet ou de l'un de ses nombreux dérivés mythologiques: il s'agit là, sans aucun doute, d'un signe de spiritualité qui, àl'image du naturel humain, est le plus facilement visualisé par la lumière. Si l'on se place sur un plan de spiritualité intelectuelle, Baphomet se situe au même niveau qu'Hermès est l'accompagnateur des âmes de ce monde vers l'autre monde, il est l'avocat des damnés, celui qui se meut avec habilité et intelligence au royaume des ombres. Il est aussi l'esprit créateur du monde qui est caché ou emprisoné dans la matière. Dans le rosaire alchimiste, hermès dit de lui-même: " Je génère la lumière mais l'obscurité est ma nature."(1) De même le faciès madré de Pan, divinité cornue et fils d'Hermès, exprime qu'il sait que le Diable révèle l'ombre faite par la lumière. Dans la représentation que les hommes se font du Diable, on retrouve tout ce que le monde n'aime pas voir en lui-même. les anciens cultes des Mystères représentèrent le Royaume des Ombres sous forme de divinités diverses:il y eut Pan, le Pan génésique et le Pan et le Pan phagédénique, le géniteur de Tout et le destructeur de Tout, Il y eut Archon, le dieu du sexe et de la mort, à tête d'animal. il y eut aussi le dieu reptile jéhova, le Belzébuth cananéen ou "Seigneur des Mouches", le thanateros et le bouc du Sabbat et il y eut le dieu égyptien Seth que l'on identifie à Shaitan ou Satan. Il faut également citer ici Abraxas ou Xnoubis (Chnubis), le dieu aux multiples visages, qui est à la fois bon et mauvais car il correspond à une antique conception gnostico-manichéen qui voulait que l'aspect lumineux et obscur des choses soit uni en une seule forme divine. Les manichéens, en particulier, croyaient que le monde avait été crée par le mélange de Dieu et du Diable (Dieu ayant donné leur âme aux humains et le Diable ayant donné leur corps). Le prophète contemporain du Dieu des Ténèbres, Aleister Crowley, écrit: Le bouc se réjouit dans les lieux accidentés et arides comme dans ceux qui sont tranquilles et fertiles. Toute les choses l'exaltent pareillement. il découvre l'extase dans chaque phénomène, quelque répugnant qu'il soit naturellement; il transcende toute les limitations, il est Pan, il est Tout.(2)
(1): l'autre nom du diable, Lucifer, vient du latin utilisé par l'Eglise Lucifer. Ce mot signifie en fait "apporteur de lumière" (du latin lux, lumière, et ferre, porter)
(2): Aleister Crowley: Le livre de Thoth: Editions urania: Neuhausen (Suisse), 1994, p.106 |
|  | | Aranis Membre du conseil


Nombre de messages: 625 Localisation: Loge du feu Sacré Date d'inscription: 13/06/2007
 | Sujet: Re: [I] Prélude aux Sept Secrets de Baphomet Mar 28 Aoû - 18:59 | |
| III - Le Dieu miroir
Dans ce livre, baphomet est le symbole de l'ombre, de ce que l'on écarte et repousse, de "l'éloignement de soi-même", qui est plus près de chaque être que tout ce qui lui est proche car c'en est une partie. il doit donc, justement, rester un démon inconnu, du moins jusqu'à ce que l'homme se reconnaisse en lui.
Dis-moi, de quel droit veux-tu comprendre en moi l'énigme que tu t'es posé toi-même ? Observe-toi d'abord en regardant un peu par-dessus ton épaule et en te servant de ton esprit qui s'est éveillé et tu pourras sentir combien ta propre personne en moi te sera devenue bien trop petite. La fille de mon esprit est ton reflet dans le miroir et, comme toute les mères, je hais celle qui me ressemble. Car je suis Astaroth, la déesse de l'amour et de la guerre. je suis Shiva-kali, le phallus géniteur et la déesse destructrice. Je suis Anima mundi, l'âme du monde ou tout simplement la Grande Mère. Je suis le rejeton qui s'est évadé du giron de l'esprit et qui veut revenir en son sein, celui qui est capable de prendre à nouveau "ce qui était éloigné de lui" et de le reconnaître tel qu'il est réellement: une partie de lui-même. Un instant nos pensées ne font qu'un. Nous nous embrassons et nous tenons serrés l'un contre l'autre. Ce premier baiser n'est que le début d'une soif qui n'a pris naissance que pour mourir avec plus de force. Mais, en te relevant de la mort, tu vis la mort-qui me tue! Or, pour que l'une des deux faces puisse parvenir à la connaissance, il faut que l'autre perdre et, de même que la mort est perdante quand la vie commence, la vie est la mort future qui vient de la mère. Cependant c'est ainsi que la mort perd de son horreur et se transforme malgré l'épouvante étriquée des hommes: elle devient "l'Exister" véritablement individuel, divin et démoniaque. une moitié de toi se détache et tombe si elle n'avait jamais été et tu as l'impression que l'esprit déchaîné revient de l'obscurité tombale des morts-vivants pour aller vers la lumière. Sa résurrection est une véritable provocation qui réclame le retour triomphale vers le Walhalla des soleils.
Voici ce que dit Baphomet, quand il remonta du néant, ayant pris la forme de la fille du chaos originel, de la mère cosmique, et qu'il attira le rêveur dans l'abîme:
Nous devons descendre en enfer pour mourir, afin de pouvoir renaître dans le Moi. mais un danger nous accompagne sans cesse: la résurrection de notre véritable esprit, c'est-à-dire la lumière de l'Humain en devenir, toujours menacé de se noyer dans l'obscurité incommensurable du Néant. Malheureusement les fils qui conduisent notre vie tiennent trop - hélas! - à la parole. Impossible de faire taire notre mauvais discours. Dans les espaces infinis, au contraire, règne une rumeur préservante le silence, un vide qui donne le vertige à l'être humain et au travers duquel les lumières cherchent timidement, à tâtons, leur chemin vers l'infini.
Les pensées de Thomas de Quincey ont une coloration proche de celle de Baphomet. Nous le voyons quand il écrit:
Devant le tribunal des rêves, tu appelles les parjures et les faux témoins pour faire triompher l'innocence qui souffre et, ensuite, tu rejettes les jugements prononcés par des juges injustes. Du plus profond de l'obscurité, utilisant la matière fantastique du cerveau, tu nous présentes des villes et des temples plus beaux que les oeuvres de Babylone et d'Hekatompylos. Et, du fond de l'anarchie du sommeil onirique, tu appelles les visages de beautés enterrés depuis longtemps, et les traits des défunts bienheureux qui habitaient autre fois la maison, tout purifiés qu'ils sont de l'outrage du tombeau. Tu les appelles pour qu'ils montent vers la lumière du soleil. |
|  | | Aranis Membre du conseil


Nombre de messages: 625 Localisation: Loge du feu Sacré Date d'inscription: 13/06/2007
 | Sujet: Re: [I] Prélude aux Sept Secrets de Baphomet Mar 28 Aoû - 19:18 | |
| IV - Le Dieu qui se reconnaît
Il représente les deux moitiés d'un même visage, qui se traversent et se recoupent, et qui, telles les images d'un kaléïdoscope, se réunissent en formant sans cesse des formes nouvelles:
Transpercer cette barrière de la perception des choses est le but le plus achevé de la connaissance "à double face", celle qui se conçoit comme une vision à la foi intérieure et extérieure à elle-même. Dès l'instant que l'homme a dépassé ce seuil, il peut se regarder en train d'observer, il peut saisir quelle vérité intérieure se trouve derrière ses images. il franchit donc le seuil et passe, imperturbable, devant les masques et les projections qui viennent à sa rencontre. Son objectif est de trouver l'essentiel en toute forme apparente et le but de sa quête est de pénétrer dans ses rêves en état de conscience éveillé-car rien n'existe au-delà de ses rêves. Le rêve est l'image dans le cadre, tu peux voyager jusqu'au bout de ce monde - ou au-delà -, comme le firent les anciens mystiques. ils en disparurent après avoir repoussé les limites de leur perception au-delà du cadre.
La manifestation imagée de l'esprit qui se reconnaît lui-même en se regardant dans les yeux, la manifestation du regard qui se reconnaît dans son oeil et celle de l'ombre qui se cache dans la lumière, voilà Baphomet. Il représente un degrés métaphysique au niveau duquel la conscience perce les polarités de la pensée et s'aventure au-delà des limites de ce que l'être humain peut concevoir.
Je suis la pensée qui dépasse l'acte de penser tel que tu le connais et je suis en même temps la pensée en tant que telle. La vitalité du savoir est en moi ainsi que les modèles grâce auxquels tu as appris à créer le monde, de même que les modèles de transformation qui changent ce que tu as créé grâce aux exemples qu'ils t'ont donnés. Je te parais peut-être impersonnel; mais ne suis-je pas ton ami puisque c'est dans mes énergies que tu plonges les modèles de ce que tu conçois ? Si tu m'appelles Dieu, c'est bien. Si tu m'appelles Satan, c'est également bien. Mais il ne faut pas que tu m'ôtes de toi-même car en toi, dans chacune de tes cellules, je te suis plus proche de ton souffle. Sache que je suis la connaissance révélée qui te dévoile les secrets de ce que l'homme peut concevoir, ces élixirs de l'obscurité. Baphomet: La lumière de l'enfer. |
|  | | | | [I] Prélude aux Sept Secrets de Baphomet | |
|
Sujets similaires |  |
|
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |